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Mobilité partagée : des campagnes encore calquées sur la voiture individuelle
Les opérateurs d’autopartage, de vélos et de navettes achètent encore trop souvent le même travelling que les constructeurs : route vide, lumière rasante, musique d’évasion. Or l’usage est un créneau le soir, un badge, une place introuvable. Le calque se voit.
Le travelling qui ment un peu
Filmer un service partagé comme une berline de week-end n’est pas un crime. C’est une habitude. Dans nos ateliers, on projette le spot puis un plan réel : file d’attente à la station, vélo trop haut, car en retard. Le silence dans la salle en dit plus qu’une critique de DA. Le marketing de la mobilité a besoin de plans utiles, pas d’un rêve d’asphalte.
Un lexique qui n’est pas celui du catalogue
Abonnement, minute, zone, caution : ces mots n’ont pas la noblesse d’un « plaisir de conduire ». Ils sont pourtant ce que l’usager cherche. Les campagnes qui les enterrent sous la « liberté » se font reprendre dans la presse locale dès le premier incident de service. La revue de presse que nous envoyons le lundi commence souvent par ces incidents, parce qu’ils façonnent le prochain brief.
Ce que la rédaction propose
Pas une nouvelle signature universelle. Des scènes datées : un mardi, une correspondance, une pluie. Des phrases que le service client peut répéter. Web Anchor Line n’est pas une agence de création ; nous lisons les campagnes déjà tournées et nous disons où le calque automobile a pris trop de place. C’est un travail de regard, pas de storyboard.